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mercredi 24 juillet 2019

❤️Chronique : Le jardin secret de Marie ✍️de Coralie Raphael

mercredi, juillet 24, 2019 0 Comments


Résumé : Fille unique, Marie vit seule dans un immense manoir avec sa gouvernante Kate, et son père, qui ne rentre que rarement. 
Un soir, alors qu’elle entend un bruit étrange dans sa chambre, la fillette découvre dans les couloirs du manoir un passage souterrain qui mène à un jardin secret. 
Là, elle fait la rencontre de Sauge, une créature qui ne semble formée que d’une tête dans un bocal. 
D’abord effrayée, Marie se lie très vite d’amitié avec son nouveau compagnon. Sauge lui raconte une si belle histoire que la fillette sacrifie son sommeil pour se rendre chaque nuit dans le jardin, en cachette de sa gouvernante. 
Mais Marie s’interroge : qui a créé ce fabuleux jardin ? qu’est-il arrivé au corps de Sauge ? Alors que son attachement pour lui grandit, la jeune fille découvre un coffre enterré dans le jardin qui va bousculer sa vie...

Titre : Le jardin secret de Marie

Autrice : Coralie Raphael

Maison d'édition : Librinova
Genre : Jeunesse
Nombre de pages : 223
Tome unique
Date de sortie : 3 Juin 2019
Lu en : version numérique




Merci à l'autrice d'avoir accepté ma demande pour découvrir ce petit bijou !


Une autrice à suivre de près

J'ai découvert la jolie plume de Coralie Raphael avec Ceux qui s'aiment (ma chronique ICI), un recueil d'histoires d'amour que j'avais dévoré et adoré, déjà touchée par le bel univers qu'elle proposait. Lorsque j'ai vu qu'un nouveau livre sortait, j'ai sauté sur l'occasion pour le lire. Et je reste complètement conquise par le talent de l'autrice.

Tellement poétique

Avec Le jardin secret de Marie, Coralie Raphael nous propose une magnifique histoire, pleine de poésie et de belles valeurs.
Nous faisons donc la connaissance de Marie, une vieille dame qui replonge vite dans ses souvenirs de petites filles en nous emmenant avec elle. Marie, une petite fille intelligente mais fragilisée par la perte d'êtres chers. Marie, une petite fille courageuse qui ne demande qu'à rêver un peu. Marie, qui reçoit de son grand père, cette chance unique de plonger dans un autre univers. 

Plongée dans Le jardin secret de Marie

Je n'ai tout simplement aucun point négatif à relever dans ma lecture, vraiment. Dès le départ, notre curiosité est piquée, on s'attache directement au personnage de Marie, et on apprécie détester Kate, sa gouvernante. Je ne me suis jamais ennuyée. Pourtant, il n'y a pas pléthore d'actions ou retournements de situations, juste une histoire qu'on a vraiment envie de lire, voire même de vivre. On plonge dans ce manoir et dans ce jardin secret. On accompagne Marie seconde après seconde.

Une fin qui me laisse sur ma faim

Je n'ai qu'une petite frustration, mais je l'ai dans tous les livres se terminant ainsi : la fin est un peu trop ouverte à mon goût. Il me reste des interrogations. Certes, c'est bien, en quelque sorte. C'est même nécessaire pour tirer les leçons de ce livre, mais quand même, j'aime aussi fermer un livre repue de toutes les réponses que j'attendais.

Bien que ce soit un livre jeunesse, je tiens malgré tout à souligner les multiples lectures possibles de cette histoire. En tant qu'adulte, il y a de nombreux aspects que nous découvrons différemment d'un enfant.

Une plume en or

Vous l'aurez compris, je pense, mais je reste fan de la plume de Coralie Raphael. La douceur qui se dégage de ses mots est tellement apaisante, tellement satisfaisante. Sans tomber dans un style élaboré, elle sait, avec des mots simples, créer un univers particulier, amener une ambiance et nourrir un imaginaire. Bref, foncez !




dimanche 14 juillet 2019

📖Chronique : Sortilège ✍️de Collectif

dimanche, juillet 14, 2019 0 Comments


Résumé : 4e numéro de la collection numérique et gratuite du Grimoire du Faune. Au programme, 12 textes illustrés sur le thème "sortilège", qui vont de la SF au fantastique en passant par la poésie. Découvrez des sorcières, des objets étranges, des univers mystérieux. Le sortilège n'est pas celui que vous croyez.

Titre : Le grimoire du faune : Sortilège

Auteurs : Collectif

Maison d'édition : Editions du faune
Genre : Fantastique
Nombre de pages : 135
Tome unique
Date de sortie : Mai 2019
Lu en : version numérique





Merci aux éditions du Faune pour la découverte de leur grimoire ensorcelant.


J'ai toujours trouvé l'exercice de la chronique d'un recueil super difficile... Faut-il donner son avis sur l'ensemble des textes individuellement ? Ne parler que de ceux qui m'ont marquée ? Bref, des questions, toujours des questions. Mais là où il n'y a aucune question à se poser c'est pour lire ce recueil car :
  • il est court et intense 
  • il est disponible gratuitement et en version illustrée sur le site des éditions du Faune (cliquez sur la couverture du recueil pour y accéder
Je vais prendre l'option de vous parler des quelques histoires qui m'ont vraiment plu.

Astro-logie : un mot, fascinant ! J'ai d'abord été très perturbée du mélange de la magie, qui pour moi a une connotation très ancienne, avec le voyage dans l'espace. Il en ressort une sorte d'anachronisme étrange mais très enthousiasmant. Et je dois dire que pour cette première histoire, j'ai ressenti cette frustration du recueil : c'est trop court ! J'aurais tellement aimé que cette histoire soit plus conséquente, le thème mérite vraiment d'être exploré selon moi.

Le coffret d'ébène : très touchante cette histoire ! On part sur la peur du temps qui passe, la peur de la maladie et de la mort, avec ce besoin de se raccrocher à tout, même ce qui est vraisemblablement trop beau pour être vrai. Un vrai coup de coeur pour celle-ci, bien que courte, j'ai eu le temps de m'attacher à Joseph, le personnage principal.

La faim du prince : ah alors là, celle-ci mérite vraiment le détour ! Vous connaissez tous l'histoire de Blanche-Neige ? Découvrez ici une relecture du célèbre conte en version plus délurée et crue, à la fin (faim ?) surprenante ! Je ne voyais pas où cela allait mener et la chute ne se laisse pas deviner facilement !

Le charme : j'adore les histoires un peu psychiatriques (non ça ne se dit pas mais je me comprends !) où vous vous demandez constamment si vous suivez la réalité ou le délire du "fou". C'est le cas avec cette histoire, et la fin ne vous laisse pas sur votre faim ! Une histoire courte mais riche et intense, qui nous fait osciller entre rêves, folie et réalité.

Voici un top 4 des histoires vraiment marquantes de ce recueil que je vous recommande chaudement. Toutes les histoires traitent du fantastique mais de manières très diverses et chacune avec la patte particulière de son auteur. Vous ne vous ennuyez jamais au fil des pages et j'ai adoré venir passer quelques pages avec chacun des personnages.



mercredi 3 juillet 2019

📖 Chronique : Ce qu il n est pas T.1 ✍️ de Bingo Morihashi

mercredi, juillet 03, 2019 0 Comments


Résumé : Shirô, fatigué de vivre entouré de ses sœurs et de sa mère, a décidé de finir ses études en internat, loin de Tokyo ! C'est donc très enthousiaste qu'il part à Hiroshima, pour vivre ses années lycée dans l'indépendance et l'insouciance. Pourtant, ce nouveau quotidien lui réserve une surprise de taille : Mirai, son colocataire, se révèle être un homme transgenre. Mis dans la confidence, Shirô devra l'aider à protéger son secret, tout en menant de front révisions, vie amoureuse et petit boulot...

Titre : Ce qu'il n'est pas T.1

Autrice : Bingo Morihashi

Maison d'édition : Akata
Genre : Jeunesse
Nombre de pages : 232
Tome 1 sur 2
Date de sortie : 9 mai 2019
Lu en : version numérique



Merci aux éditions Akata d'avoir accepté ma demande pour lire cette histoire !


Sortir de sa zone de confort...

La première chose m'ayant attirée dans ce livre, c'est sa couverture, elle a ce petit côté frais bienvenu par ces chaleurs actuelles ! 
Ensuite, le résumé. J'avoue qu'une histoire abordant la question des transgenres m'intriguait beaucoup, tout en me faisant dire que la manière de l'aborder pouvait passer...ou casser. Mais j'étais piquée, je voulais découvrir l'histoire de Shiro et Mirai. 
Je ressors de ma lecture mitigée, mais je vais vite vous expliquer pourquoi !

Quelques anicroches

Le point important est que ce livre se lit avec une extrême facilitée, je n'ai pas vu le temps passer. Pourtant, j'ai eu quelques craintes dès le début. En effet, il est possible de noter pas mal de répétitions dans l'écriture, pas des tonnes mais suffisamment pour que mon cerveau le note durant ma lecture. Ensuite, les dialogues manquent de fluidité. Ne serait-ce qu'à cause du personnage de Shiro, très introverti et timide, ayant du mal à s'exprimer, cela ralentit beaucoup les échanges. Mais malgré tout, au delà de ces points de friction, je gardais l'envie d'aller toujours plus loin dans l'histoire et de découvrir un peu plus tous ces personnages.

Un début d'histoire

Là où j'en ressors mitigée, c'est simplement que je ne peux pas vraiment dire que j'ai adoré car ce premier tome appelle forcément à lire le second. Car beaucoup d'événements, ou de personnages, sont mis en place dans ce premier tome, mais finalement, on referme le livre et on ne sait pas encore à quoi tout cela va mener, quel est l'intérêt. Mais je pense que tout ceci prend sens dans le tome 2, d'où le fait que je ne puisse pas réellement me prononcer. Mon avis est suspendu au tome 2.

La tyrannie des femmes

Un point que je souhaite noter également c'est la place de la femme. C'est très étrange, dans nos sociétés encore majoritairement patriarcales, de plonger dans un livre où le personnage principal est complètement dominé par les femmes. C'est très troublant pour l'occidentale que je suis et un peu dépaysant en même temps. Pas que ce soit plaisant de lire cela, au contraire, peu importe le sexe, personne n'est en droit de dominer un autre être humain, mais ça vous plonge vraiment dans une vision opposée à ce que nous connaissons.


Ce qu'il n'est pas tout à fait

Pour autant, je peux tout de même dire que j'ai vraiment apprécié découvrir Shiro et Mirai. Ce sont deux personnages si différents mais avec un lien fort qui se tisse rapidement, ne serait-ce que par la découverte du secret de Mirai. D'ailleurs, pour parler du sujet des transgenres, je trouve que celui-ci est abordé de manière très pudique et surtout, tout ne tourne pas constamment autour de cela. Je craignais beaucoup cela mais j'ai vite été rassurée.

Il m'a fallu un peu de temps pour m'habituer à la plume de l'auteur. Je pense que le fait que ce soit traduit y joue aussi beaucoup. Mais je retiendrai le tact dans le choix des mots, des situations. Et puis l'auteur sait quand même bien nous donner envie de tourner les pages, encore et encore !

En résumé, un tome 1 qui appelle forcément à lire le tome 2 pour en apprécier tous les aspects, du moins je pense !



dimanche 23 juin 2019

📖Chronique : L attraction de la Terre ✍️de Mélanie De Coster

dimanche, juin 23, 2019 0 Comments



Résumé : La magie grandit sur l'île de Sein. Celle de Gwenaëlle, qui ne se satisfait plus de son rôle de protectrice. Celle de Max, attiré malgré lui par le seul être de son entourage qui déteste le surnaturel. Et celle des sorcières qui vont les attaquer...

Titre : L'attraction de la Terre

Autrice : Mélanie De Coster

Maison d'édition : Autoédité
Genre : Romance, Fantastique
Nombre de pages : 300
Tome 2 sur 2
Date de sortie : 29 Mai 2019
Lu en : version numérique




Merci à l'autrice Mélanie De Coster de m'avoir contactée pour lire ce second tome !


Envoutant !


J'avais beaucoup aimé ma lecture du premier tome, Le secret du vent (ma chronique ICI) qui avait déjà su me séduire par le côté fantastique de l'histoire. Encore une fois, cet aspect a encore eu un effet envoutant sur moi. Et ce n'est pas la seule chose que j'ai apprécié.

Un personnage étonnant


Avec ce nouveau tome, on fait un petit saut dans le temps. Pourtant, quasiment rien n'a changé sur l'île de Sein. Son côté mystique et mystérieux continue d'avoir ce charme envoutant lors de la lecture. L'autrice maitrise parfaitement bien l'ambiance de son livre et, tout comme Gwenaëlle, coincée sur son île, nous nous sentons également pris au piège, engoncé sur ce bout de terre. Pour moi, c'est encore une fois la grande force de ce livre, l'île devient presque un personnage à part entière.

L'attraction de la Terre, un renouveau


Du côté de l'histoire, on entre vite dans le vif du sujet et l'action ne se fait pas attendre. Sorciers et sorcières, tout est réuni pour plonger dans le monde inquiétant de la magie. Beaucoup de questions se posent dès le départ et il y a parfois le côté frustrant de devoir attendre longtemps après les réponses, mais n'est-ce pas ce qu'on appelle le suspense ? Peut-être bien ! 

Là où la romance m'avait manqué dans le tome 1, j'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir de nouveaux liens dans ce tome. Des sujets importants sont soulevés avec beaucoup de pudeur et de justesse comme la sexualité et les premiers émois amoureux. Je ne m'y attendais pas forcément mais cela apporte un voile de douceur et de réalité dans ce monde dominé par la magie.

Gwennaëlle, le pilier


Du côté des personnages, j'ai d'abord eu un petit temps d'adaptation au départ pour me souvenir de tous ceux découverts dans le tome 1. Une fois tout le monde resitué, j'ai pris plaisir à découvrir de nouveaux protagonistes. Encore une fois, on apprend vite à en aimer certains et détester d'autres, mais je note un vrai plaisir à suivre Gwennaëlle qui se bat d'arrache-pieds pour concilier tous les aspects de sa vie. Son dévouement pour sa famille et ses amis vous serre plus d'une fois le coeur.

De la magie jusque dans la plume


Je pense vraiment que Mélanie De Coster a la plume magique. Le tome 1 m'avait déjà laissé cette impression que je n'ai quasiment jamais retrouvé ailleurs. La place tenue par l'île est juste fantastique. Pourtant, on ne se noie pas sous des tomes de description, au contraire, mais l'île incarne vraiment ce livre et cette sensation est étonnante. Ce livre se lit vite, avec une grande fluidité. Pas de temps mort, le rythme se cale comme il le faut. Bref, j'avais déjà beaucoup apprécié découvrir l'univers de l'autrice avec Le Secret du vent, et ceci s'est vite confirmé avec L'attraction de la Terre.

En résumé, laissez vous tenter par une grosse dose de magie !



dimanche 16 juin 2019

❤️Chronique : La conjuration primitive ✍️de Maxime Chattam

dimanche, juin 16, 2019 0 Comments


Résumé : Une véritable épidémie de meurtres ravage la France. Plus que des rituels, les scènes de crimes sont un langage. Et les morts semblent se répondre d’un endroit à l’autre. Plusieurs tueurs sont-ils à l’œuvre ? Se connaissent-ils ? Et si c’était un jeu ? Mais très vite, l’Hexagone ne leur suffit plus : l’Europe entière devient l’enjeu de leur monstrueuse compétition. Pour essayer de mettre fin à cette escalade dans l’horreur, une brigade de gendarmerie pas tout à fait comme les autres et un célèbre profiler, appelé en renfort pour tenter de comprendre. De Paris à Québec en passant par la Pologne et l’Écosse, Maxime Chattam nous plonge dans cette terrifiante Conjuration primitive, qui explore les pires déviances de la nature humaine.

Titre : La conjuration primitive

Auteur : Maxime Chattam

Maison d'édition : Albin Michel
Genre : Thriller
Nombre de pages : 462
Tome 1 sur 3
Date de sortie : 2013
Lu en : version papier





La conjuration primitive, du très très sombre...

Des meurtres, tous plus sordides et barbares les uns que les autres, sévissent en France, et également en Europe. A première vue, aucun lien entre chaque. Modes opératoires différents, victimes différentes. Mais un symbole qui les relie tous. 
Alors qu'un tueur en série a normalement la caractéristique première de toujours agir seul, étant le seul à pouvoir comprendre, exprimer et jouir de ses fantasmes noirs, il semblerait bien que la donne ait changé... 
Une équipe de gendarmes en charge de cet immonde dossier, va descendre peu à peu dans les aspects les plus sombres de ce que peut être un Homme. 
Mais quel prix devront-ils payer pour mener à terme cette enquête ? 

Je ne vous redis pas toute l'admiration que j'ai pour cet auteur. C'est parfois assez difficile d'être totalement objective quand il s'agit de ses livres. Je crois que je dois être génétiquement programmée pour les aimer (en fait non c'est pas possible puisqu'il y en a un que je n'ai pas aimé !). 
Mais ce nouveau thriller a été à la fois déconcertant, époustouflant et... Wahou

Ne lisez pas, réfléchissez !

Vous savez quel est, selon moi, le plus gros point fort de Maxime Chattam dans ses livres ? La psychologie qu'il y met. Il ne se contente pas de vous écrire une petite histoire, un petit thriller, une petite enquête, pim pam poum le méchant est arrêté et tchao la compagnie. 
Non, il va beaucoup plus loin. Il vous fait réfléchir. Sur vous, sur ce qui vous entoure, sur le monde, la société, le bien le mal, ce qui est acceptable ou pas. Et c'est grâce au travail de recherche et au réalisme qu'il tient à apporter à ses livres qui permettent d'entrer à 100% dans l'histoire et de se prendre au jeu de ces interrogations. 
La conjuration primitive vous fera réfléchir. Sur la "place" des psychopathes dans le monde, des sociopathes et des tueurs en série. Sur leur "rôle" et leur "influence". Ca fait peur, très très peur. Mais vous ressortez de la lecture plus mature peut-être, parce que vous avez pris conscience de certaines choses. 

Cocorico les p'tits français !

Bref, mise à part la psychologie, que dire d'autre ? J'ai d'abord été sceptique sur cette histoire qui se déroule en France, avec une équipe de gendarmes. D'un coup j'ai trouvé ça bien moins "glamour" que les enquêtes américaines avec les profilers, le FBI et compagnie (oh yeah !). 
Finalement, ça passe, parce que cette petite équipe qu'on suit, est finalement très attachante et fait son boulot aussi bien que les américains (pas comme certaines séries françaises, pâles répliques mollassonnes de séries US à grand succès) . 
Donc on leur pardonne de n'être "que" français (à prendre à la plaisanterie bien sûr). 

La juste dose

Encore une fois, quand monsieur Chattam se lance dans un thriller, il ne le fait pas à moitié. Et petit à petit, on descend de plus en plus profondément dans la noirceur de l'Homme. C'est en réalisant cela qu'on trouve d'autant plus attachant le petit mot qu'il adresse à sa femme en début de livre, qu'elle a été la lumière qui lui permettait de le faire remonter de ces profondeurs. 
Il nous ne épargne pas, les crimes sont abjects, répugnants, mais détaillés. Pourtant, il ne tombe jamais dans le trop. Il n'y a pas de voyeurisme, toute la brutalité et l'horreur qu'il nous décrit a un sens, un but. Je le soupçonne vraiment de vouloir faire de nous des profilers aussi, de nous faire pénétrer dans la tête des tueurs, peut-être pour qu'il ne soit pas le seul à se plier à cet exercice effrayant finalement. 

L'enquête nous fait voyager. La Pologne puis l'Ecosse, puis le Québec. Et toujours de manière si réaliste qu'on pourrait presque y être nous aussi. Et nous voyageons également dans le temps, pour découvrir une autre horrible facette du nazisme et les lebensborn. (que je ne connaissais absolument pas) 
Comme à chaque fois, Maxime Chattam me balade de droite à gauche. 
Comme à chaque fois, impossible de deviner à l'avance ce qui nous attend au tournant. Nous sommes logés à la même enseigne que nos chers gendarmes : quand il y a un piège, nous tombons avec eux. 

J'ai une zone d'ombre, un point négatif à aborder. Je n'ai pas compris pourquoi, au milieu de tous les chapitres, un seul et unique chapitre se passait du point de vue d'un des tueurs (si je ne me trompe pas il n'y en a qu'un seul). Où est l'intérêt ? Y avait-il quelque chose de particulier à comprendre et je serais passée à côté ? Aucune idée... 

Un très beau personnage féminin

Alexis et Ludivine, nos deux gendarmes principaux, sont un peu les rayons de soleil de ce livre. C'est assez étonnant dans le sens où ce sont deux solitaires aux idées assez noires et qui se plongent corps et âme dans cette horrible enquête. Pourtant, leur façon de se questionner, d'avoir peur, d'être, tout simplement, en font les plus humains de tous. Ce sont de beaux personnages et d'excellents profilers ! Chapeau bas à Ludivine. Derrière la femme se cache une tigresse qui ne lâche jamais. 

J'ai envie de noter une petite réflexion que je me suis faite. J'ai souvent l'impression que dans chaque livre de Maxime Chattam, je retrouve un personnage qui me fait penser à lui. Pourtant je ne le connais pas personnellement mais dans leur façon d'être et de penser, je retrouve toujours un peu de l'auteur. Sur ce livre, j'ai eu cette impression avec le personnage de Mikelis, le criminologue. Son savoir, son "talent", et sa vision de la vie ont quelque chose d'inquiétant tout en étant passionnant. Un peu comme quand j'écoute Maxime parler de ses livres ! (Je suis en train d'écrire une tartine, désolée !!) 

Maxime Chattam fidèle à lui-même

La plume de l'auteur ne change pas. Elle vous agrippe dès le premier mot, et ne vous lâche même pas après le point final. Les mots restent ancrés en vous même après avoir terminé le livre. C'est cet aspect psychologique qui est incroyable. Il n'y a pas de temps mort. Tout s'enchaine à grande vitesse, avec des chapitres courts et fournis. Et chaque fin de chapitre vous laisse vraiment sur ce suspense terrible, qui vous pousse irrémédiablement à entamer le chapitre suivant (et quand vous êtes censé lâcher le livre pour X ou Y raisons, c'est hyper frustrant !!). 

Le livre est découpé en 3 grandes parties avec pour chacune des points de vue différents, nous obligeant à nous glisser dans la peau d'une nouvelle personne et d'ainsi voir les choses différemment. Là où je tire mon chapeau également, c'est que Maxime Chattam prend grand soin à développer ses personnages, mais ce n'est pas pour autant qu'il les épargnera, il leur fait vivre ce que le "destin" doit leur faire vivre, aussi bien dans le bon que dans le moins bon. 

Cherry on the cake !

Et je ne peux vraiment pas finir cet avis sans évoquer cet énorme clin d'oeil qui est fait à la fin. Je n'ai pas envie de vous dire ici en quoi il consiste car je sais que si j'avais été spoilée là-dessus j'aurais été terriblement déçue. Mais quand il y a... comment je vais appeler ça... cette irruption venue d'un autre temps (ou d'un autre livre), c'est dingue à dire, mais les larmes me sont montées. Plein de souvenirs qui reviennent d'un coup et ce bonheur (voire même la fierté) de recroiser ce chemin improbable. C'était trop court mais intense ! 

Pour conclure, un livre qui ne s'adresse bien évidemment pas à tout le monde. C'est gore, c'est sombre, très très sombre. Il faut soit avoir l'habitude de ce genre de lecture, soit être familier de l'univers de Maxime Chattam pour ne pas être choqué. Mais dans tous les cas, ça se dévore !